ASSOCIATION DES CULTURES FRANCO-MEXICAINES

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LA LEGENDE DES VOLCANS

Iztaccihuatl et Popocatepetl
( Mexique )

A Teocozauco, au temps du quatrième ciel, il y avait un palais doré entouré de jardins merveilleux, qui était la demeure de Tonatiuh ( le Soleil ). Dans ce royaume où il n’y avait jamais de nuit, vivait heureux son fils Izcozauhqui ( Lumière d’ Or ).
Un jour, celui-çi apprit qu’il existait un autre royaume appartenant aux Seigneurs des Traditions. Désirant les connaître il alla vers eux mais, sur le chemin, il rencontra près d’un lac une belle jeune fille vêtue d’ argent. Elle était la fille de Metzli ( la Dame de la Lune ) et se nommait Coyozauhqui ( celle à qui l’on s’adresse avec des fleurs ). Les deux jeunes gens tombèrent très amoureux l’un de l’autre. Les dieux approuvèrent leur idylle mais les avertirent que sous aucun prétexte ils ne devraient abandonner le royaume des cieux sous peine d’un grand châtiment.

Un jour, alors qu’ils regardaient toutes les beautés célestes, ils furent curieux de connaître le monde qui se trouvait sous le domaine des dieux. Sans penser aux conséquences et d’un commun accord, ils prirent le sentier qui menait à la terre.
Qu’il était différent ce monde si loin du ciel !. Il n’y avait pas de jardins d’ or ou d’argent mais la campagne était recouverte de fleurs multicolores semblables à de grandes toiles de fils d’arc en ciel !.

Sans peur et sans regrets, avec volonté et délicatesse, ils entrèrent dans les forêts et les plaines. Les dieux, apprenant leur désobéissance, décidèrent de les châtier en leur interdisant à jamais de revenir dans les demeures célestes.

Le fils du Soleil et la fille de la Lune continuèrent néanmoins leur chemin, finirent par arriver dans la Vallée des lacs et s’émerveillèrent devant tant de splendeur.


Photo: Leopoldo Araujo

A l’ intérieur de la couronne bleue des montagnes, les lacs ressemblaient à des turquoises et les forêts semblaient lancer des émeraudes vers le ciel. Plus loin, dans les champs verdoyants éclaboussés de mille fleurs parfumées, deux colosses s’étendaient à leurs pieds paraissant surveiller la vallée comme les seigneurs du lieu. Les jeunes gens s’émerveillèrent de tout : les oiseaux chantaient dans les bois, les fleurs brillaient près des cours d’eau, des nuages de papillons aux ailes légères virevoltaient au gré du vent saturé d’ arômes et de la fraîcheur des sources. C’était un véritable enchantement. Tout était grandiose ! tout était vie !. Ce monde solitaire rivalisait avec le royaume des cieux et ils décidèrent de rester dans ce lieu divin.

Malheureusement leur joie ne fut pas éternelle. La jeune fille tomba malade et le mal empira. Sentant qu’elle allait mourir, elle dit d’une voix triste :
-" Izcozauhqui mon bien aimé, je vais te laisser seul car les dieux nous punissent de notre désobéissance. A ma mort, je te demande de me coucher sur la cime de cette montagne bleue qui ressemble à un lit pour que ma mère, en me pardonnant, puisse chaque nuit venir m’embrasser ".

Lorsqu’elle mourut le désespoir du jeune homme ne connut pas de limites. Ses sanglots et ses prières allèrent jusqu’au géants de la montagne et leurs paroles finirent par apaiser le malheureux. Il décida d’accomplir le vœux de sa bien aimée. La portant délicatement dans ses bras il prit le chemin de la montagne.


Il marcha ainsi jours et nuits, sans se reposer, sans pleurer. Les oiseaux s’emmurent sur son passage, les fleurs fermèrent leurs calices , les rivières firent silence devant tant de douleur et les arbres et les cactus, comme une révérence, s’inclinèrent vers lui.
En haut de la montagne bleue il la coucha doucement et la recouvrit de son châle brodé de fils d’argent. Voulant réchauffer le corps de son aimée, il alluma un grand feu de bois parfumé et s’assit à son coté, immobile.

Devant un si bel exemple d’amour, les dieux décidèrent de ne jamais les séparer. Ils les changèrent en rochers couverts de neige, pour l’éternité.

Ainsi, à travers les siècles, deux volcans décorent la vallée de Mexico. Deux pierres précieuses dans le bleu des montagnes, l’une toute de blancheur, l’autre toute de feu.

Dans la douce langue Nahuatl elles se nomment Iztaccihuatl ( la femme de neige ou la femme endormie ) et Popocatepetl ( la montagne qui fume ).

Recherche Jackie BOUTHILLIER

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