A Teocozauco, au temps du quatrième ciel, il y avait
un palais doré entouré de jardins merveilleux,
qui était la demeure de Tonatiuh ( le Soleil ). Dans
ce royaume où il ny avait jamais de nuit, vivait
heureux son fils Izcozauhqui ( Lumière d Or ).
Un jour, celui-çi apprit quil existait un autre
royaume appartenant aux Seigneurs des Traditions. Désirant
les connaître il alla vers eux mais, sur le chemin, il
rencontra près dun lac une belle jeune fille vêtue
d argent. Elle était la fille de Metzli ( la Dame
de la Lune ) et se nommait Coyozauhqui ( celle à qui
lon sadresse avec des fleurs ). Les deux jeunes
gens tombèrent très amoureux lun de lautre.
Les dieux approuvèrent leur idylle mais les avertirent
que sous aucun prétexte ils ne devraient abandonner le
royaume des cieux sous peine dun grand châtiment.
Un jour, alors quils regardaient toutes les beautés
célestes, ils furent curieux de connaître le monde
qui se trouvait sous le domaine des dieux. Sans penser aux conséquences
et dun commun accord, ils prirent le sentier qui menait
à la terre.
Quil était différent ce monde si loin du
ciel !. Il ny avait pas de jardins d or ou dargent
mais la campagne était recouverte de fleurs multicolores
semblables à de grandes toiles de fils darc en
ciel !.
Sans peur et sans regrets, avec volonté et délicatesse,
ils entrèrent dans les forêts et les plaines. Les
dieux, apprenant leur désobéissance, décidèrent
de les châtier en leur interdisant à jamais de
revenir dans les demeures célestes.
Le fils du Soleil et la fille de la Lune continuèrent
néanmoins leur chemin, finirent par arriver dans la Vallée
des lacs et sémerveillèrent devant tant
de splendeur.
A l intérieur de la couronne bleue
des montagnes, les lacs ressemblaient à des turquoises
et les forêts semblaient lancer des émeraudes vers
le ciel. Plus loin, dans les champs verdoyants éclaboussés
de mille fleurs parfumées, deux colosses sétendaient
à leurs pieds paraissant surveiller la vallée
comme les seigneurs du lieu. Les jeunes gens sémerveillèrent
de tout : les oiseaux chantaient dans les bois, les fleurs brillaient
près des cours deau, des nuages de papillons aux
ailes légères virevoltaient au gré du vent
saturé d arômes et de la fraîcheur
des sources. Cétait un véritable enchantement.
Tout était grandiose ! tout était vie !. Ce monde
solitaire rivalisait avec le royaume des cieux et ils décidèrent
de rester dans ce lieu divin.
Malheureusement leur joie ne fut pas éternelle. La jeune
fille tomba malade et le mal empira. Sentant quelle allait
mourir, elle dit dune voix triste :
-" Izcozauhqui mon bien aimé, je vais te laisser
seul car les dieux nous punissent de notre désobéissance.
A ma mort, je te demande de me coucher sur la cime de cette
montagne bleue qui ressemble à un lit pour que ma mère,
en me pardonnant, puisse chaque nuit venir membrasser
".
Lorsquelle mourut le désespoir du jeune homme ne
connut pas de limites. Ses sanglots et ses prières allèrent
jusquau géants de la montagne et leurs paroles
finirent par apaiser le malheureux. Il décida daccomplir
le vux de sa bien aimée. La portant délicatement
dans ses bras il prit le chemin de la montagne.
Il marcha ainsi jours et nuits, sans se reposer, sans pleurer.
Les oiseaux semmurent sur son passage, les fleurs fermèrent
leurs calices , les rivières firent silence devant tant
de douleur et les arbres et les cactus, comme une révérence,
sinclinèrent vers lui.
En haut de la montagne bleue il la coucha doucement et la recouvrit
de son châle brodé de fils dargent. Voulant
réchauffer le corps de son aimée, il alluma un
grand feu de bois parfumé et sassit à son
coté, immobile.
Devant un si bel exemple damour, les dieux décidèrent
de ne jamais les séparer. Ils les changèrent en
rochers couverts de neige, pour léternité.
Ainsi, à travers les siècles, deux volcans décorent
la vallée de Mexico. Deux pierres précieuses dans
le bleu des montagnes, lune toute de blancheur, lautre
toute de feu.
Dans la douce langue Nahuatl elles se nomment Iztaccihuatl (
la femme de neige ou la femme endormie ) et Popocatepetl ( la
montagne qui fume ).
Recherche Jackie BOUTHILLIER
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